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Portrait

Le hérisson européen (Erinaceus europaeus) appartient à l’ordre des Eulipotyphla et à la famille des Erinaceidae. Les Eulipotyphla, ou eulipotyphles, sont un ordre de mammifères insectivores défini sur la base de méthodes moléculaires de reconstruction phylogénétique. Le nom Eulipotyphla dérive du grec ancien eu, « vrai », et lipotyphla, « insectivore ». La faune belge comporte d’autres représentants de cet ordre : les musaraignes et les taupes.

C’est un petit mammifère mesurant entre 22 et 32 cm de long, avec un poids moyen de 1 kg environ. Les mâles sont plus grands et lourds que les femelles. Son dos est recouvert de 5 000 à 7 000 piquants, des poils modifiés, creux et rigides, mesurant environ 2 à 3 cm. Ces épines sont pratiquement indéformables et se renouvellent tous les 18 mois.

Le reste de son corps est couvert de poils bruns raides, et il possède un museau pointu, une petite queue conique et des oreilles courtes partiellement dissimulées par sa fourrure. Son odorat et son ouïe sont affutés, ce qui fait de lui un excellent chasseur de petits invertébrés. Sa vision, quant à elle, est médiocre.

La plupart des individus sauvages ne vivent pas plus de 2 ans, leur vie étant souvent écourtée par les maladies, les parasites ou les dangers liés à l’environnement humain (routes, pesticides, etc.).

Habitats et nids

Le hérisson commun (Erinaceus europaeus) occupe une grande variété de milieux : lisières de forêts, prairies bocagères, bosquets, parcs et jardins. Autrefois commun dans les campagnes agricoles, il en a été chassé par l’agriculture intensive, qui a détruit son habitat et l’a privé de ses proies (usage de pesticides).

Il affectionne particulièrement les haies, qui lui offrent le gîte (il y confectionne ses nids), le couvert (elles hébergent une partie de ses proies), et lui assurent une protection efficace par rapport aux prédateurs. Il utilise également les haies et autres linéaires comme des routes pour sillonner son domaine vital.

Le hérisson n’est pas territorial et les domaines vitaux de différents individus peuvent se chevaucher largement, sans défense active ni marquage agressif des limites. Un mâle en bonne santé peut parcourir un domaine vital d’une surface mesurant jusqu’à 30 hectares.

Le hérisson façonne ses gîtes en tassant feuilles mortes, brindilles, herbes sèches et mousses pour former une cavité. Il peut également utiliser un vieux terrier, un tas de bois ou aménager un nid sous une racine exposée. Les nids d’hiver sont construits avec un soin particulier, et leur isolation est assurée par des parois constituées de feuilles tassées et stratifiées d’une vingtaine de cm d’épaisseur.

Chaque hérisson entretient plusieurs abris répartis sur son domaine de chasse. Il déménage régulièrement pour échapper à ses prédateurs, limiter les parasites, ou quand son nid devient humide ou se détériore.

Alimentation

Le hérisson consomme principalement des insectes (coléoptères, vers de terre, chenilles) et des gastéropodes (escargots, limaces). Il complète parfois son régime avec des fruits, des œufs ou de petits vertébrés lorsque l’occasion se présente. Son odorat et son ouïe très développés lui permettent de localiser ses proies sous le sol et sous le tapis de feuilles mortes.

Cycle d’hibernation et période active

L’année du hérisson est divisée en deux parties : une période active d’avril à octobre, et une période d’hibernation, d’octobre à mars. Ce schéma varie d’une année à l’autre, et l’hibernation peut durer de 4 à 6 mois suivant les conditions climatiques. Tout l’enjeu, pour le hérisson, est d’atteindre un poids corporel suffisant pour lui permettre de traverser la période d’hibernation sans encombre.

Cette période est particulièrement critique pour les jeunes de l’année, qui ont peu de temps pour constituer des réserves de graisse suffisantes. Il est d’ailleurs fréquent de rencontrer des jeunes actifs en novembre, alors que les adultes sont pour la plupart déjà en train d’hiberner.

Une fois que les températures descendent durablement en dessous de 10 °C et que la nourriture se raréfie, le hérisson entre en hibernation. Durant cette période, sa température corporelle chute à 1–5 °C, sa fréquence cardiaque et son métabolisme ralentissent au minimum pour économiser ses réserves. Il se réveille de temps à autres, pour des raisons encore inconnues. Certains chercheurs pensent que ces phases de réveil lui permettent de réinitialiser son horloge interne. Au sortir de l’hibernation, il aura perdu de 20 à 40 % de son poids.

Entre avril et octobre, période active, il parcourt chaque nuit jusqu’à plusieurs kilomètres à la recherche de nourriture, de partenaires et de nouveaux gîtes de repos.

Reproduction

Le hérisson est un animal solitaire et ne forme pas de couple durable : mâles et femelles ne se rencontrent qu’à l’occasion de la saison des amours, puis reprennent immédiatement leur vie indépendante. La saison de reproduction débute au retour des beaux jours et dure jusqu’en septembre.

Après une gestation de 5 à 6 semaines, la femelle met bas 4 à 7 petits, parfois lors de deux portées annuelles. À la naissance, chaque nouveau-né pèse 10 à 25 g, est aveugle et dépourvu de piquants. En quelques heures, de premières épines blanches molles apparaissent, remplacées progressivement par des piquants bruns définitifs vers quatre semaines.

Sevrés vers trois semaines et indépendants à deux mois, les jeunes se dispersent rapidement. Leur taux de mortalité est hélas assez élevé : de 60 à 80 % pendant la 1re année.

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