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Agir concrètement pour le hérisson

Comment aider le hérisson au jardin ?

Accueillir un hérisson dans son jardin, c’est offrir un refuge à une espèce protégée et menacée. Les gestes les plus utiles sont simples : lui permettre de circuler, préserver des abris calmes, favoriser sa nourriture naturelle, mettre de l’eau à disposition et réduire les dangers liés au jardin.

Un jardin utile, c’est surtout un jardin connecté

Un seul jardin peut aider un hérisson. Un réseau de jardins reliés entre eux peut aider toute une population. Le hérisson est un animal nocturne qui se déplace beaucoup pour trouver de la nourriture, un abri ou un partenaire.

Les conseils ci-dessous permettent d’agir à la fois sur le gîte, le couvert, l’eau et la sécurité.

Découvrir le hérisson en vidéo

Avant de passer aux gestes concrets à adopter au jardin, cette vidéo présente le hérisson, son mode de vie et les raisons pour lesquelles nos jardins peuvent jouer un rôle important pour sa survie.

Une introduction pour mieux comprendre le hérisson avant d’aménager son jardin.

Relier les jardins : la priorité pour aider le hérisson

Le hérisson a besoin de circuler librement entre plusieurs jardins. Les clôtures, murs, grillages et panneaux fermés jusqu’au sol fragmentent son habitat. Lorsqu’il ne peut plus passer d’un jardin à l’autre, il peut se retrouver isolé, manquer de ressources ou être contraint de rejoindre la voirie.

À retenir : un passage d’environ 13 × 13 cm suffit généralement à laisser passer un hérisson adulte.

Quelle taille pour un passage à hérisson ?

Créez, si nécessaire, une ouverture au pied des clôtures, murs ou grillages. Selon la configuration, une ouverture de 11 à 13 cm de diamètre peut aussi convenir.

Ces passages sont parfois appelés “autoroutes à hérissons”. Ils permettent aux hérissons d’accéder à davantage de nourriture, d’eau, d’abris et de partenaires. Plusieurs petits passages entre jardins voisins valent mieux qu’un seul jardin accueillant mais isolé.

Où ne pas créer de passage ?

Évitez de créer une ouverture qui mène directement vers une route, une allée dangereuse, un parking ou toute autre zone à risque. L’objectif est de relier des espaces favorables, pas d’attirer le hérisson vers la circulation.

Offrir des abris naturels et calmes

Le hérisson recherche des zones tranquilles pour se reposer le jour, hiberner, se protéger et, pour les femelles, élever les jeunes. Les abris les plus utiles sont souvent les plus simples : haies, buissons denses, feuilles mortes, branches, bois mort, composts accessibles et coins laissés en friche.

À favoriser

  • Haies et buissons denses.
  • Tas de feuilles mortes.
  • Tas de branches ou de bois mort.
  • Composts calmes et accessibles.
  • Zones en friche avec herbes hautes et sèches.

À éviter

  • Nettoyer tout le jardin en automne.
  • Déplacer brutalement un tas de feuilles ou de branches.
  • Déranger un abri en journée.
  • Laisser un chien accéder à une zone de repos occupée.

Haies, feuilles, branches et zones en friche

Laissez un ou plusieurs tas de feuilles mortes dans les haies ou sous les buissons : le hérisson peut les utiliser comme isolant et comme protection contre la pluie. Un tas de branches ou de bois mort, placé dans un endroit calme, peut aussi lui servir d’abri.

Conservez également une ou plusieurs zones du jardin en friche, avec des herbes hautes et sèches. Le hérisson peut s’y cacher et utiliser ces matériaux pour construire son nid. Comme il change régulièrement d’abri, il est préférable de prévoir plusieurs zones favorables plutôt qu’un seul refuge.

Cabane à hérisson : utile, mais pas indispensable

Une petite maison à hérisson peut être utile si elle est placée dans un endroit calme, ombragé, abrité du vent et de la pluie. Elle ne remplace toutefois pas un jardin vivant et diversifié. Les cachettes naturelles restent prioritaires : haies, tas de feuilles, broussailles, bois mort, compost calme et zones non tondues.

Construire un abri à hérisson en vidéo

Cette vidéo montre comment réaliser un abri à hérisson. Elle complète les conseils ci-dessus : l’abri doit rester un complément à un jardin naturel, calme et riche en cachettes.

Un tutoriel pratique pour fabriquer un abri, à placer dans un endroit calme, ombragé et protégé.

Ne pas déranger les abris

La journée, le hérisson se repose dans son abri, au calme et en sécurité. Un hérisson dérangé risque de déménager. Une femelle avec ses petits peut même les abandonner si elle est perturbée.

Les chiens détectent vite la présence d’un hérisson et peuvent le déranger ou le blesser. Si un hérisson fréquente votre jardin, prévoyez une zone de repos inaccessible aux chiens, tout en laissant au hérisson la possibilité d’en sortir facilement.

Favoriser sa nourriture naturelle

Le hérisson se nourrit surtout d’invertébrés : insectes, coléoptères, larves, chenilles, vers de terre, escargots, limaces et autres petites proies. Pour l’aider durablement, le plus efficace est donc de rendre le jardin favorable à cette petite faune.

Un jardin vivant plutôt qu’un jardin trop propre

Les insectes trouvent refuge dans les friches, les prairies fleuries, les tas de bois mort, les composts et les zones de végétation spontanée. Les vers de terre sont présents dans les pelouses vivantes et les composts. Les escargots et limaces se rencontrent dans les parterres, les potagers, les haies et les zones moins entretenues.

Conserver des haies, des feuilles mortes, des bordures non tondues, des plantes sauvages et des coins plus naturels permet donc d’offrir à la fois le gîte et le couvert.

Bannir les produits chimiques

Les pesticides, herbicides, insecticides, raticides et granulés anti-limaces toxiques sont dangereux. Ils peuvent empoisonner directement le hérisson ou réduire fortement la quantité de proies disponibles.

Privilégiez un jardinage favorable à la biodiversité : diversité végétale, paillage adapté, abris pour la faune auxiliaire, ramassage manuel des limaces si nécessaire et équilibre écologique du jardin.

Mettre de l’eau à disposition

En période sèche, un point d’eau sécurisé est précieux, en particulier pour les femelles allaitantes et lors des épisodes de chaleur. Placez une soucoupe basse, stable et remplie d’eau fraîche, à renouveler régulièrement.

Eau fraîche, soucoupe stable et mare sécurisée

Une soucoupe avec une pierre au centre peut éviter qu’elle ne se renverse et permettre à de petits animaux d’en ressortir. Si vous avez une mare, prévoyez une pente douce, une pierre inclinée ou une planche rugueuse pour qu’un animal tombé dans l’eau puisse remonter.

Jamais de lait

Ne donnez jamais de lait à un hérisson. Il ne digère pas le lactose, ce qui peut provoquer des diarrhées graves, particulièrement dangereuses chez un animal affaibli.

Nourrir seulement avec prudence

Le nourrissage ne doit pas remplacer un jardin riche en nourriture naturelle : haies, feuilles mortes, zones sauvages, insectes, vers et autres invertébrés restent la meilleure aide à long terme pour les hérissons. Un appoint peut toutefois être utile de manière ponctuelle, par exemple en période de disette, lors d’une sécheresse, ou pour aider de jeunes hérissons à prendre du poids à l’automne avant l’hibernation.

Attention toutefois : un point de nourrissage peut attirer plusieurs hérissons au même endroit. Cette promiscuité inhabituelle peut favoriser les bagarres, les morsures, les blessures sérieuses, ainsi que la transmission de parasites ou de maladies. Il est donc préférable de nourrir avec modération, de nettoyer régulièrement les gamelles et de ne pas créer une dépendance durable au nourrissage.

Quand proposer un appoint ?

Vous pouvez déposer une petite quantité de croquettes pour chats de bonne qualité ou de nourriture spécifique pour hérissons, ainsi qu’une coupelle d’eau peu profonde. L’appoint doit rester limité et ne pas devenir la source principale d’alimentation. Pour limiter l’accès aux chats, chiens, rats ou corvidés, la nourriture peut être placée dans une caisse de nourrissage avec une entrée en chicane.

Évitez de nourrir exclusivement avec des vers de farine séchés. Très appréciés, ils peuvent déséquilibrer l’alimentation lorsqu’ils sont distribués en grande quantité : leur rapport calcium/phosphore est défavorable et une consommation excessive est associée à des risques de carences et de troubles osseux. Ils ne doivent donc jamais constituer la base de l’alimentation.

Que donner, que ne jamais donner ?

Possible ponctuellement

  • Croquettes pour chats adaptées.
  • Nourriture spécifique pour hérissons.
  • Eau fraîche en coupelle basse et stable.

À proscrire

  • Lait.
  • Pain.
  • Uniquement des vers séchés.
  • Nourrissage systématique à la place d’un jardin vivant.

Sécuriser le jardin

Beaucoup d’accidents peuvent être évités par des gestes simples. Avant toute intervention, gardez en tête que les hérissons se cachent souvent dans les hautes herbes, les bordures, les haies, les tas de feuilles, les ronciers, les composts et les tas de bois.

Robots-tondeuses : attention aux horaires

Les robots-tondeuses représentent un danger important lorsqu’ils fonctionnent au crépuscule ou pendant la nuit. Le hérisson ne fuit pas toujours face au danger : il se met souvent en boule, ce qui le rend très vulnérable aux lames.

En Wallonie, l’utilisation des robots-tondeuses est interdite entre 18 h et 9 h. Programmez les tontes uniquement en journée, idéalement au cœur de la journée, et gardez des zones non tondues comme refuges naturels.

Tondeuses et débroussailleuses

Avant de tondre, débroussailler ou utiliser un coupe-bordure, inspectez soigneusement les zones denses. Vérifiez les bordures, les pieds de haies, les hautes herbes et les tas de végétaux à la main ou avec un bâton, sans passer directement une lame dans la végétation.

Piscines, mares, trous, regards et filets

Le hérisson sait nager, mais il s’épuise vite s’il ne peut pas ressortir. Sécurisez les piscines, bassins et mares à bords raides avec une planche rugueuse, une rampe, une pierre inclinée ou une pente douce.

Bouchez ou protégez les trous profonds, regards, soupiraux, fosses et trous de chantier. Les filets de culture, filets à fruits, filets de sport et grillages souples peuvent aussi piéger les hérissons : rangez-les ou tendez-les en hauteur.

Feux, tas de feuilles, composts et bois mort

Un tas de feuilles, de branches, de bois ou de compost peut servir d’abri, de nid ou de site d’hibernation. Ne brûlez jamais directement un tas de feuilles ou de branches. Vérifiez toujours avant d’intervenir.

Si un tas est resté en place plusieurs jours, considérez-le comme un abri potentiel. Déplacez les matériaux doucement, progressivement et si possible à la main. Évitez les fourches, crocs ou outils tranchants dans les zones susceptibles d’abriter un animal.

Savoir s’il y a un hérisson dans son jardin

Le hérisson est un animal nocturne, discret, qui se déplace souvent dans la végétation haute. Il peut donc fréquenter un jardin sans être facilement observé.

Observer sans déranger

Évitez de fouiller les abris potentiels ou de déplacer inutilement les tas de feuilles, de branches ou de compost. Une observation directe en soirée ou pendant la nuit est possible, mais elle doit rester discrète et sans manipulation.

Piège photographique et appât ponctuel

Pour savoir s’il est présent, le plus efficace est d’utiliser un piège photographique. Une petite quantité de nourriture peut être utilisée comme appât. Des croquettes pour chat placées dans une caisse avec une entrée en chicane attirent surtout les hérissons et limitent l’accès à d’autres animaux.

Vous pouvez aussi signaler vos observations afin d’améliorer la connaissance de la répartition de l’espèce et de l’évolution de ses populations.

Pourquoi les jardins sont importants pour l’avenir du hérisson

Le hérisson décline davantage dans les campagnes que dans certaines zones périurbaines et dans les jardins. Les causes principales sont la fragmentation des habitats, la disparition des bocages, l’intensification de l’agriculture, les engrais chimiques et les pesticides qui réduisent les vers de terre et les insectes.

Dans et autour des jardins, les hérissons peuvent trouver plus facilement des abris et de la nourriture, parfois complétée par un appoint ponctuel. Si votre jardin est connecté aux jardins voisins et à des espaces verts, vous contribuez à maintenir un réseau d’habitats utile à leur survie.

Pour comprendre plus largement les pressions qui pèsent sur l’espèce, consultez les pages Dangers pour les hérissons, Les menaces et Statut UICN.

Checklist rapide : mon jardin est-il accueillant et sûr ?

  • Des passages d’environ 13 × 13 cm relient le jardin aux jardins voisins.
  • Aucune ouverture ne mène directement vers une route ou une zone dangereuse.
  • Des haies, tas de feuilles, tas de branches, bois mort ou zones en friche sont conservés.
  • Une zone calme permet au hérisson de se reposer sans être dérangé par les chiens.
  • Le jardin est entretenu sans pesticides, herbicides, raticides ni granulés anti-limaces toxiques.
  • Une coupelle d’eau fraîche, basse et stable est disponible en période sèche.
  • Le nourrissage reste ponctuel et prudent : croquettes adaptées ou nourriture spécifique, jamais de lait ni de pain.
  • Le robot-tondeuse ne fonctionne pas entre 18 h et 9 h et les tontes sont programmées en journée.
  • Les bordures, hautes herbes, haies et tas de végétaux sont vérifiés avant tonte ou débroussaillage.
  • Les piscines, mares, bassins, trous, regards, soupiraux et fosses sont sécurisés.
  • Les filets sont rangés ou tendus en hauteur pour éviter les pièges.
  • Les tas de feuilles, branches, bois ou compost sont vérifiés avant déplacement ou intervention.
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